Enrique Muñoz García, Die Welt in Biel (2014 –)

Die beste Art, Rassismus bei sich oder anderen zu verhindern, ist, möglichst schnell viele fremde Menschen persönlich kennenzulernen. Sofort erhält eine vorher diffuse Unbekannte ein individuelles Gesicht und eine eigene Geschichte. Dies bewirkt für die menschliche Weiterbildung und die Prägung einer menschenwürdigen Politik mehr als eine gutgemeinte Kampagne von irgendeiner offiziellen Stelle. Dieser einfachen und zugleich klugen Einsicht folgt das wunderbare Video-work-in-progress Die Welt in Biel von Enrique Muñoz García. Dem Zitat des Bieler Schriftstellers Robert Walser folgend („Übrigens bin ich in einer ganz, ganz kleinen Weltstadt aufgewachsen“) untersucht er seit 2014 die kulturelle und ethnische Vielfalt in Biel, welche mit 120 unterschiedlichen Sprachen bei ca. 55'000 Einwohnern beeindruckt. Wollte der Künstler in seinem Videozyklus zunächst einfach alle Nationalitäten vertreten haben, merkte er schnell, dass es die individuellen Geschichten sind, welche ihn mehr interessieren und da die Bewegung von Hinzu- und Wegziehenden nicht aufhört, ist auch seine Arbeit nie abgeschlossen.

Die Videoporträts sind alle gleich aufgebaut: zuerst nennt die Person ihren Namen, ihr Herkunftsland und das Jahr, seit sie in Biel ist. Dann wird die Frage eingeblendet: „Wieso sind sie nach Biel gekommen?“ und wir hören einen kurzen Ausschnitt aus dem Lebensweg von Menschen aus Chile, Ecuador, Kongo, Türkei, Algerien, Nicaragua, Senegal, Japan, Spanien, etc. Es sind Geschichten der Liebe und des Schmerzes, traumatische Vertreibungen, geschäftliche Neusituierungen, familiäre Verflechtungen sowie immer wieder Geschichten des Heimatfindens in Biel, als einem Ort der Offenheit und Vielfalt. Nicht das letzteres einfach gewesen wäre. Eine neue Heimat finden hat mit viel Arbeit an sich selbst zu tun, mit dem Überwinden des Fremdseins und der Bereitschaft zu lernen, sowohl über sich wie über die anderen.

Enrique Muñoz García hält diesen intimen Einblick fest und schafft dadurch Moment tiefster Menschlichkeit. Dafür setzt er bewusst auf Einfachheit: eine fixe Kamera, eine halbnahe Einstellung, so dass das Gegenüber lebensgroß erscheint, ein neutraler Hintergrund, Schwarzweiss-Film. Es sollen keine bunten folkloristischen Werbefilmchen für Exotik werden, sondern der Blick auf das uns alle Verbindende, Menschliche gerichtet werden. Niemand hat es nötig, dem andern etwas vorzumachen, sondern die menschliche Dimension von allen diesen Erlebnissen ist das, was uns einander näherbringt.

Der Rückgriff auf Schwarzweiss-Film verortet das Video zudem in der noblen Tradition des Dokumentarfilmes, insbesondere des Cinéma Vérités, das für besondere Glaubwürdigkeit und Authentizität steht, und in der die langen Kameraeinstellungen signalisieren, dass der Filmemacher kaum in die Realität eingreift. Als Mittel der Gegenwartskunst gewinnt das Interview seit den Siebziger Jahren eine immer größere Bedeutung. Es spielt mit den literarischen, soziologischen, juristischen oder psychologischen Techniken des Befragens, des Geständnisses, des Vermächtnisses und der Reportage und hat sich innerhalb der Gegenwartskunst eine wichtige Rolle erobert als Mittel im Feld der Selbstdarstellung, der Zeugenschaft, des Sich-Outens und im Prozess des Verstehens von komplexen Situationen. Dies alles spielt mit, wenn Enrique Muñoz García seine Gegenüber befragt und sie von ihrem Weg nach Biel erzählen lässt.

Kathleen Bühler, Kuratorin Robert Walser Sculpture, Biel/Bienne, 2019



Enrique Muñoz García, Le monde à Bienne (2014 –)

La meilleure façon de prévenir le racisme chez soi-même ou chez les autres est de faire la connaissance de personnes étrangères aussi vite que possible. Dès les premiers instants, une personne auparavant inconnue se voit attribuer un visage et une histoire individuelle. Ceci impacte plus le développement des hommes et la visée d’une politique humaine qu’une campagne bien intentionnée émanant d’un quelconque organe officiel. Cette idée à la fois simple et intelligente est celle que suit le merveilleux projet vidéo work-in-progress Le monde à Bienne d’Enrique Muñoz García. Suivant la citation de l’écrivain Biennois Robert Walser « Du reste j`ai été élevé dans uns petite, toute petite capitale », il étudie depuis 2014 la diversité culturelle et ethnique de Bienne, qui impressionne avec quelques 120 langues différentes pour 55'000 habitants. L’artiste, qui avait d’abord pour but de représenter simplement toutes les nationalités dans son cycle vidéo, s’est rapidement rendu compte que c’étaient les histoires individuelles qui l’intéressaient plus et que, du fait du mouvement incessant des arrivées et des départs, son travail ne s’arrêtait également jamais.

Tous les portraits vidéo sont construits de la même manière : la personne dit d’abord son nom, son pays d’origine et l’année depuis laquelle elle est à Bienne. Alors apparaît la question « pourquoi êtes-vous venu/e à Bienne ? » et on entend un court extrait du parcours de vie de personnes venant du Chili, d’Équateur, du Congo, de Turquie, d’Algérie, du Nicaragua, du Sénégal, du Japon, d’Espagne, etc. Ce sont des histoires d’amour et de souffrance, d’expulsions traumatisantes, de relocalisations commerciales, de relations familiales et ce sont aussi souvent des récits qui parlent de trouver en Bienne sa patrie en tant que lieu d’ouverture et de diversité.

Enrique Muñoz García capture cet instant intime et crée ainsi un moment d’une profonde humanité. Pour cela, il mise volontairement sur la simplicité : une caméra fixe, un cadrage en plan rapproché afin que le sujet apparaisse à taille réelle, un fond neutre, un film noir et blanc. Les séquences ne doivent pas devenir des films colorés mettant en scène le folklore et l’exotisme, mais plutôt être un regard dirigé sur ce qu’il y a d’humain qui nous relie tous. Personne n’est là pour persuader l’autre de quoi que ce soit, mais c’est la dimension humaine de toutes ces expériences qui nous rapproche les uns des autres.

Le recours au film noir et blanc inscrit la vidéo dans la tradition du film documentaire, plus particulièrement du cinéma vérité, qui indique une grande crédibilité et une authenticité, et les longs temps de pose signalisent que le réalisateur n’intervient quasiment pas dans la réalité. En tant qu’instrument de l’art contemporain, l’interview gagne depuis les années septante une importance toujours plus grande. Elle joue avec les techniques littéraires, sociologiques, juridiques ou psychologiques de l’interrogatoire, de la confession, de la transmission d’un héritage et du reportage et a acquis dans l’art contemporain un important rôle en tant qu’outil de l’autoreprésentation, du témoignage, de l’expression de soi et dans le processus de compréhension de situations complexes. Tout cela entre en jeu lorsqu’Enrique Muñoz García questionne ses interlocuteurs et les laisse lui raconter leur chemin jusqu’à Bienne.

Kathleen Bühler, Curatrice Robert Walser Sculpture, Biel/Bienne, 2019